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Devenir minimaliste de son téléphone.

  • Photo du rédacteur: Priscilia
    Priscilia
  • 29 avr.
  • 3 min de lecture

Thoreau écrivait que « la plupart des hommes vivent dans un état de désespoir tranquille ».

 

Cal Newport, dans le livre Minimalisme numérique, soutient que les réseaux sociaux peuvent nous faire vivre exactement ça. Un sentiment de malaise diffus, une anxiété de fond qu'on ne sait pas trop nommer.

 

Ce malaise général vient souvent d’une perte de contrôle (qui peut être inconsciente).

 

 

Si on retourne en arrière un peu, l'iPhone, au début, c'était un iPod capable de passer des appels. Facebook, est ensuite apparu et c'était une nouveauté le fun.

 

Mais tout ça s'est installé dans nos vies sans vraies réflexions, sans véritables prises de conscience.

 

On n’a pas choisi d’être autant connectés, ça c’est juste installé graduellement.

 

Une nouvelle fonctionnalité, une nouvelle application et tranquillement de plus en plus de temps passer sur nos écrans.



 

 

Ce n'est pas votre faute, mais c'est votre problème.

 

Newport est catégorique là-dessus : « les gens ne succombent pas aux écrans par paresse, mais parce que des milliards de dollars ont été investis dans ce but. »

 

Les entreprises technologiques poussent à la dépendance par deux leviers puissants : le renforcement positif intermittent et le besoin d'approbation sociale.

 

Le renforcement positif intermittent :

Le premier fonctionne comme une machine à sous. Être récompensé de manière non prévisible est plus attrayant et libère plus de dopamine qu'un scénario connu.

 

C'est exactement ce qui se passe quand on rafraîchit son fil d'actualité : parfois rien d’intéressant, parfois quelque chose qui fait plaisir.

 

Le besoin d’appartenance :

 

Le deuxième levier joue sur notre besoin profond d'appartenance. Un like, un commentaire, une réaction : c'est une mini-dose d'approbation sociale. Et on en redemande.

 

Sean Parker, président fondateur de Facebook, l'a d'ailleurs admis sans détour en 2017 : « Comment pouvons-nous consommer autant de votre temps et de votre attention consciente que possible ? Et cela signifie que nous devons en quelque sorte vous procurer un petit choc de dopamine de temps en temps. »

 

Les gens passent en moyenne 3 heures par jour sur leur téléphone. Trois heures. Par jour.

 


Le prix que l'on paie sans le voir

 

Les conséquences ne sont pas anodines :

 

  • On a moins de solitude : cette bonne solitude, celle qui permet de rester avec ses propres pensées.

 

C’est cette même solitude qui permet d’avoir les meilleures idées, d’être créatifs, d’être connectés à ce qu’on ressent réellement…

 

  • Les générations qui ont grandi avec les réseaux sociaux sont celles qui affichent les plus hauts taux d'anxiété et de dépression. Une étude citée par Newport est particulièrement frappante : une personne figurant dans le quartile des plus grands consommateurs de médias sociaux a trois fois plus de chances de se sentir seule qu'une personne du quartile inférieur.

 

Plus on est connecté…plus on se sent seul.

 


Et : pourquoi on a besoin d’autant communiquer?

 

Il y a aussi un point super intéressant que partage Newport.

 

Avant, on communiquait par télégraphe. Il fallait bien choisir ce qu’on avait envie d’envoyer comme message.

 

Aujourd’hui, on communique sans cesse. Du matin au soir.

 

Il pose une question : est-ce qu’on a autant besoin de se parler?

 

Selon lui, la technologie crée souvent l'impression d'un besoin là où il n'en existait pas.

(Ou, hypothèse personnelle : c’est peut-être parce qu’on se sent de plus en plus seuls qu’on ressent ce besoin de communiquer. Mais, comme on vient de le voir plus haut, la technologie renforce plutôt ce sentiment d’être seul et ça devient un cercle vicieux.)

 


Reprendre le contrôle : quelques pistes concrètes.

 

Newport ne prêche pas l'abstinence totale. Il propose plutôt une relation intentionnelle avec la technologie. 

 

Quelques idées pratiques tirées de ses recommandations :


  • Supprimer les applications de réseaux sociaux du téléphone et les consulter seulement à l'ordinateur, à un moment choisi.

  • Développer de vrais loisirs, des activités qui occupent le corps et l'esprit de façon tangible.

  • Faire une pause de 30 jours des réseaux sociaux pour recalibrer.

  • Ranger les applications moins essentielles loin sur l'écran ou dans des dossiers.

  • Passer l'écran en noir et blanc : ça retire une bonne partie de l'attrait visuel.

  • Se fixer des limites vraiment claires et peu nombreuses.

 

J’aime beaucoup l’application ScreenZen pour aider à fixer des limites.

 

Reprendre le contrôle, ce n'est pas rejeter la modernité. C'est juste décider ce qui mérite notre temps.

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